La maison se trouve dans un petit village, précisément dans la commune de Villiers-le-Bâcle dans l'Essone. Calmement posée, loin de l'ébullition parisienne dans laquelle il s'était plongé au début du siècle dernier et qui fit de lui, l'une des figures majeures de Montparnasse et de l'Ecole de Paris au début du siècle dernier. Une simple maison dans laquelle il vécut 7 années, les années qui précédèrent sa mort en 1968. Le temps de s'approprier cette maison et de lui donner corps et âme. Car les corps, il aimait les peindre avec grâce et transparence, corps alanguis, musclés, luttant, aimant. Et de l'âme, il semble en être question dans cette maison ouverte sur la lumière, dans l'agencement d' objets quotidiens, chinés, achetés. Objets usuels côtoyant le spirituel. Mobilier design entamant un dialogue ininterrompu avec de vieux meubles, une vierge et un cruxifix rapportés d'Espagne. Rien n'est outrancié, saturé, tout est fait pour penser, laisser son âme parler. A peine entrée, je m'y suis sentie tout de suite bien et j'ai laissé le temps s'emparer de moi, ce temps qui me ramenait une cinquantaine d'années en arrière quand Foujita y vivait. Oui, car c'est bien de la maison de Foujita qu'il s'agit. Une maison "laissée dans son jus" depuis qu'il s'en est allé. Son voeu était que sa maison soit conservée en l'état et ouvert au public. Ce qu'elle est aujourd'hui. Aussi y venir permet de mieux comprendre ce que fut l'homme. Ses années mondaines semblent bien loin, reste peut-être l'essentiel de ce qu'il fut profondément : un homme épris de mysticisme, original, follement moderne par la manière qu'il avait de mélanger les cultures et les âges. Dans son atelier situé au dernier étage, on s'attendrait presque à entendre le bruit de sa machine à coudre, lui qui se distinguait par sa folle allure de dandy et par les vêtements qu'il créait...On s'attendrait à le voir arriver avec ses petites lunettes rondes et sa frange qui lui tombait sur les yeux, nous demander ce que nous faisons là, dans son atelier, lui qui n'aimait pas être dérangé. Ce lieu était toute son intimité. Nous nous excuserions d'avoir franchi l'infranchissable, nous regarderions une dernière fois, les pinceaux, les pigments, la machine à coudre, les maquettes, la préparation des grandes fresques de la chapelle Notre-Dame de la Paix à Reims ... nous redescendrions au premier étage, jeterions un dernier coup d'oeil dans la chambre, sur ses chaussures sagement rangées, sur les arbres du vallon, nous sortirions par la porte qui donne sur la rue, mais avant de le quitter, nous aurions un dernier regard pour le tableau " Avec qui voulez-vous lutter ?". Des enfants attendraient derrière la porte ...et nous nous repartirions bien décidés à nous plonger dans les oeuvres de ce peintre dont les beauté des traits et des blancs laiteux en font un artiste singulier au-delà des modes. Un artiste bien vivant qui a su laisser trace.BG Une maison à découvrir 01 69 85 34 65