C'est un film hors du temps, un film qui touche par sa force poétique, par les gestes, les haussements de sourcils, les regards appuyés, les bruitages. Yoyo, c'est son nom. Avant même de le voir, je l'aimais déjà. Pas franchement marketing, pas franchement commercial, juste Yoyo avec la tendresse et l'affection que recouvre ce nom. Avec Yoyo, Pierre Etaix rend un merveilleux hommage au cinéma muet, au cirque et à la poésie. Yoyo c'est le fils d'un milliardaire qui ne fait que s'ennuyer et qui ne sait plus quoi inventer pour limiter tout effort préjudiciable à son statut
(remarquable séquence de dog sitting revisitée par la caméra affûtée de Pierre Etaix). La crise de 29 et la venue d'un cirque le jettent sur la route avec sa belle écuyère et son enfant Yoyo. Désargenté mais heureux de mener une vie de saltimbanque et de jongler avec des journées à inventer. Né sur la piste, Yoyo devient clown, connaît la gloire et refait la vie de son père à l'envers. Sa richesse est pauvreté. Il en perd sa liberté, sa gaieté et son inventivité. Il faut de l'imagination, de la fantaisie et beaucoup de finesse pour traduire un humour décalé qui ne tombe jamais dans la vulgarité. On navigue entre Charlot et Jacques Tati, on retrouve les désopilantes incongruités des Marx Brothers. Ressorti restauré après des années d'imbroglio juridique, ce second long métrage de Pierre Etaix comme ces autres films, ont la magie d'exister. Courez les voir sur grand écran et achetez les DVD pour les regarder sur le petit car s'il a été clown, dessinateur et affichiste, Pierre Etaix était et est aussi un magicien du 7ème art. Pour vous en donner une idée regardez cet extrait là et celui-là, et achetez un ou plusieurs DVD en vous rendant sur le site des films de Pierre Etaix.
Très beau travail,clair et agréable.Bravo!
Rédigé par : Rousseau | 02 avril 2011 à 16:06