Ces deux-là sont incroyables, aussi différents qu'attachants. L'aîné Koichi a ce regard teinté de poésie et de mélancolie qui retient. Il pense, observe, s'inquiète. Il pense à à son frère qui vit au nord de l'ïle de Kyushu avec son père, il observe son grand-père, sa grand-mère chez qui il vit désormais avec sa mère, il s'inquiète devant les poussières crachées par le volcan, beaucoup, car comment peut-on vivre au pied d'un tel volcan en toute sérénité ? La vie serait-elle à l'image de ce volcan, imprévisible ? Tout a tellement changé depuis que ses parents se sont séparés. Nostalgique, il aimerait recomposer le passé... Son frère cadet est, quant à lui, une adorable fripouille qui semble s'être parfaitement adaptée à sa nouvelle vie. Enthousiaste et rieur, il déborde d'énergie et vit l'instant présent avec une spontanéité désarmante, une joie de vivre on ne peut plus communicative. Pour lui, la séparation de ses parents c'était hier, et aujourd'hui est sa nouvelle vie de bohême avec son père musicien. Si l'un manque énormément à l'autre, l'autre semble s'être accomodé de son quotidien...Mais quand l'aîné apprend que le TGV va bientôt relier le sud au nord de l'Ile, l'idée de retrouver son fère à l'endroit même où les deux TGV se croiseront lui offre une formidable raison de croire que tout reste encore possible. Car l'incroyable énergie générée lui permettra formuler son voeu le plus cher : recréer le noyau familial. C'est alors que l'on assiste à une formidable équipée de part et d'autre de l'île. Chaque frère entraînant derrière lui d'autres enfants portés eux aussi par leur folle envie d'aller crier à l'air et à la terre leur souhait le plus cher. Une quête initiatique et poétique d'une tendresse époustouflante. On est porté par la grâce de ces enfants prêts à tout pour faire vivre leur projet. On les regarde vivre, s'attendrir, s'extasier, se laisser troubler, feindre...on se fond dans leurs rêves, et c'est follement merveilleux d'oser imaginer avec eux les possibles. Car enfant tout est possible, comme de croire en l'impossible. Hirokazu Kore-Eda filme divinement bien ces enfants qui s'ouvrent à la vie, à sa complexité, à sa beauté, à sa dureté, à sa sensualité, à tout ce qui les rend si vivants et leur permet de grandir. Un film que je ne suis pas prête d'oublier et qu'il me tarde de posséder en DVD. "I wish" de Hirokazu Kore-Eda. Extraits, pour le plaisir de vous faire savoureux quelques morceaux d'enfance.




Comme eux, nous le sommes: étrangers, dans cette partie du Kurdistan Iranien balayée par la beauté et la rusticité d'une terre dépouillée. Nous avançons, dans l'attente...de quoi? Nous le saurons à peine, peu importe l'objet du voyage des ces trois hommes qui arrivent de Téhéran, et de ce séjour forcé dans un village qui, de terrasses en terrasses, nous élève dans un voyage intérieur. Leur attente devient notre attente, et la contemplation finit par avoir raison de toutes les bonnes raisons qui les ont fait venir - nous ont fait venir- là. Prendre patience et regarder les jours s'étirer , la vie et la mort se croiser. 
