Il y a aussi les éblouissants brouillards, ciels, et paysages marins peints par le dramaturge August Strindberg dans lesquels j'aime me perdre régulièrement. Des tableaux que je n'ai encore jamais vus exposés mais qui s'exposent régulièrement à ma vue dans un très beau livre acheté au Musée d'Art Moderne.
Il y encore la lumière qui irradie le Saint-Jérôme de Jusepe de Ribera. Un magnifique clair-obscur qui emplit la toile et nous invite à méditer, ou à être juste là - et c'est déjà beaucoup - à regarder et sentir l'intensité d'un regard . Cela doit s'appeler la grâce, oui, certainement c'est cela, je crois.
Il y a encore celle, éblouissante de Joaquim Sorolla : de la lumière du bord de mer qui m'éclabousse de rires et d'embruns et me ramène à ma propre enfance. Les enfants s'ébrouent, nagent et jouent. Je les vois, je les entends, "je suis" les enfants. Scènes de la vie ordinaires, si précieuses, qu'elles en deviennent extraordinaires.
Des deux expositions que je viens de voir, de mes échappées livresques, je retiens donc cette lumière: charnelle, spirituelle, émotionnelle. Qu'elle soit nordique ou méditerranéenne, elle irradie.
Si vous n'êtes pas encore allés à la Pinacothèque ou au Musée Jacquemard André, laissez-vous inonder de lumière par Munch, Goya, Hermen Anglada Camasara ...et si, comme moi, vous ne vous lassez pas des nuages et des étendues d'eaux, August Strindberg vous offrira la mémoire de ciels chargés et lumineux, de l'océan, dans toute son intensité.